En tant qu’architecte, designer et formateur à la tête d’AKER, une société qui propose, entre autre, des formations sur les outils numériques pour les professions créatives (architectes, graphistes, photographes, designers, webmasters…) je suis confronté régulièrement au défi de maintenir un haut niveau de qualité dans nos actions de formations. Notre expertise dans ces domaines est reconnue, et nous nous efforçons de proposer des programmes qui non seulement transmettent des connaissances techniques, mais stimulent également la création.
Cependant, le processus de certification Qualiopi, bien que conçu pour garantir la qualité des organismes de formations, s’avère être une source de frustration considérable. Une analyse rapide de ses procédures et critères révèle des failles significatives, notamment le fait qu’il ne mesure pas directement la qualité des formations elles-mêmes.
Il est essentiel de souligner que Qualiopi ne certifie pas la qualité pédagogique des formations. Au lieu de cela, l’audit se concentre sur une série de critères formels qui, bien que pertinents pour le fonctionnement administratif, ne garantissent pas la valeur pédagogique ou l’efficacité des programmes. Cette approche par cases à cocher laisse la porte ouverte à des pratiques superficielles, où les preuves nécessaires pour répondre aux critères peuvent être fabriquées ou embellies, sans refléter la réalité du terrain.
De plus, les auditeurs Qualiopi ne sont pas des experts dans les domaines qu’ils évaluent. Cette déconnexion entre l’expertise de l’auditeur et le secteur d’activité évalué soulève des questions quant à la pertinence et à la profondeur de l’évaluation. Sans une compréhension du domaine spécifique, il me parait difficile de juger de manière appropriée la pertinence et l’efficacité des formations proposées.
Un autre point critique de Qualiopi est son modèle économique. La certification est payante et est menée par des organismes privés. Cela implique un potentiel conflit d’intérêts, car ces organismes pourraient être plus enclins à délivrer des certifications pour générer des revenus plutôt que de maintenir des normes de qualité élevées. Cette commercialisation du processus de certification compromet l’intégrité et la fiabilité du label Qualiopi, qui devrait, il me semble, être délivré directement par le Ministère du Travail.
Pour conclure, bien que Qualiopi ait été instauré dans le but de garantir la qualité des organismes de formation, sa méthodologie actuelle s’éloigne de cet objectif. En se concentrant sur des critères formels plutôt que sur l’évaluation réelle de la qualité pédagogique, en manquant d’expertise spécifique au domaine dans les processus d’audit et en étant entravé par un modèle économique potentiellement problématique, Qualiopi ne remplit pas pleinement sa mission. Il semble donc impératif de réévaluer et d’ajuster ses procédures pour qu’il serve réellement comme un indicateur fiable de la qualité des formations.
Adrien Revel pour AKER
